La filiation spirituelle  
Les origines du Centre Missionnaire  
   

Il faut donc remonter au début des années 60 pour connaître l’origine du Centre Missionnaire : le Pasteur Yvon Charles, fondateur et responsable de cette oeuvre depuis le commencement, était alors journaliste. Passant parfois, au cours de ses reportages professionnels, près des ruines de la vieille mission évangélique dans le village du Guilly, il ressentait une profonde tristesse.

L’école et la mission du Guilly (en Poullaouën) autrefois si prospères, ont été fermées entre les deux guerres. Les bâtiments existent toujours, à l’état de ruines. Les autres oeuvres du protestantisme en Centre-Bretagne (Callac, Carhaix, Conval, Poullaouën, Huelgoat, La Feuillée, Plougonven...) furent de même abandonnées. Mais la mémoire collective en garde le souvenir...

Etant lui-même originaire de l’église baptiste de Morlaix, le pasteur Y. Charles savait qu’en ce lieu des hommes avaient oeuvré pour que rayonne la lumière de l’Evangile dans cette contrée de Bretagne.

En effet, la Réforme protestante avait touché très rapidement la Bretagne. Dès 1565 plus d’une trentaine d’églises y étaient recensées...
La dimension la plus originale du protestantisme breton est l’apport décisif que constitua l’arrivée des pasteurs gallois (début du 19ème siècle) et la coopération interdénominationnelle qui se manifesta à cette occasion. Il s’ensuivit une intense activité missionnaire et de colportage qui aboutit à la création d’églises dans les villes côtières de Bretagne et à l’apparition de quelques oeuvres pionnières au Centre-Bretagne.

Au XXe siècle, l’entre-deux guerres vit ces oeuvres du Centre-Bretagne péricliter petit à petit... pour être totalement délaissées par la suite.

C’est dans ce contexte qu’est née l’oeuvre du Centre Missionnaire à Carhaix, dans les années soixante, avec un double but : «relever les anciennes ruines» et apporter un témoignage adapté aux besoins de notre temps.

«Ils rebâtiront sur d’anciennes ruines»

Souvent le pasteur Yvon Charles repensait à ces paroles de la Bible : «Ils rebâtiront sur d’anciennes ruines». Répondant à un appel de Dieu et se consacrant entièrement à son service, trois lignes forces allaient bientôt lui apparaître comme nécessaires :
- Annoncer l’Evangile en partageant le travail des hommes,
- Constituer une équipe d’hommes et de femmes, réellement engagés au service de Dieu, qui vivraient cet absolu comme une vocation,
- Bâtir un lieu ouvert à tous, où pourraient être accueillis ceux qui le désireraient, et où seraient vécues les paroles de Jésus : «J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger...» (Evangile de Matthieu ch. 25, v. 35 et 36).

Cette «vision» s’est peu à peu concrétisée. Longtemps, les alentours de Carhaix ont été parcourus, à la recherche d’un terrain favorable. Les quelques personnes présentes à Carhaix à cette époque (fruits du travail et du témoignage du Pasteur Somerville, du Pasteur Le Cossec de Rennes, de Mlle Nédellec...) se réunissaient durant ces quelques années dans un modeste local. Ils vécurent de multiples expériences, apprenant combien Dieu est proche et peut intervenir dans la vie de ceux qui l’écoutent et le suivent.

... un Centre Missionnaire, témoignage visible de leur foi en Christ...

C’est ainsi qu’un terrain situé non loin de Carhaix, en Plounévézel, leur apparut comme étant providentiellement préparé. Il n’y avait là qu’un vieux poulailler, et le terrain en pente rapide vers la vallée ne semblait pas très engageant. Mais une certitude brûlait dans le coeur du pasteur Y. Charles : bientôt, en ce lieu, se dresserait un Centre Missionnaire, témoignage visible de leur foi en Christ, le Sauveur, témoignage visible de ce qu’il est possible aujourd’hui encore de vivre l’Evangile. Ce qui semblait une utopie est devenu réalité.

En 1966, le terrain fut acquis et dès les premiers mois de 1967 les fondations furent posées. Depuis lors, l’oeuvre n’a cessé de grandir.

La communauté missionnaire, au coeur de l’oeuvre du Centre Missionnaire, a une vocation qui s’inscrit dans le sillon tracé par les «hauts-lieux» du christianisme depuis les commencements.
A l’instar des communautés et monastères irlandais (dès le Ve siècle) et bretons, elle est constituée d’hommes et de femmes qui ont choisi l’absolu du service de Dieu.
La communauté missionnaire est forte de plusieurs dizaines de membres, hommes et femmes, engagés au service de Dieu, et partageant la même vocation communautaire.
Cette vocation commune se concrétise dans la vie quotidienne, par la prière, la méditation des Écritures, le partage, les repas pris ensemble, le travail, le témoignage, l’accueil, le service, les missions...
24 H sur 24 et tout au long de l’année, lieu de vie, le Centre Missionnaire est ouvert, étant signe de foi en Dieu, et accueil tant sur le plan spirituel que pour les déshérités.